Tic tac,
tic tac, fait l’horloge.
La
biologique comme la mécanique rythme nos vies et nos heures.
Les
filles parlent souvent de l’horloge biologique qu’elles auraient en elles et
qui se déclencherait du jour au lendemain signalant le début du désir d’enfant.
Il
n’y aurait pas d’âge pour qu’elle se déclenche et parfois même elle serait en
panne ou grippée et ne sonnerait pas le début de l’aventure de la maternité.
Encore
une belle invention humaine pour se justifier de vouloir ou ne pas vouloir se
lancer dans la parentalité.
Autour
de moi, tout le monde pensait que je n’aurais pas d’enfant - moi-même
d’ailleurs à force qu’on le pense pour moi - car je n’avais aucun des signes
extérieurs qu’ont celles dont l’horloge s’est éveillée.
Pas
assez femme, éternelle apparence d’immaturité malgré les rides qui pointent.
Avoir 20 ans dans sa tête ça n’aide pas à devenir adulte.
Pas
assez fille, ignorant ce que sont les soirées copines, les magazines idiots
bourrés de pub, préférant la compagnie des garçons.
Pas
assez disponible, menant 10 passions en même temps, naviguant dans des univers
autant distincts qu’inattendus, une vie remplie a-t-elle besoin de s’encombrer
d’un enfant ?
Pas
assez stable, déménageant, changeant de vie et d’homme pour ne se stabiliser
que depuis quelques années.
Bref,
mon horloge biologique n’a jamais fait tic tac et pour le monde je demeurais
infertile par choix, ne montrant aucun intérêt pour les enfants, pour les
discussions layette et éducation dont sont friandes les filles qui ont des
désirs d’enfants.
C’était
acquis je serais la seule dans la famille à ne pas me reproduire, laissant
s’éteindre une branche de l’arbre familial étant fille unique.
Et
pourtant…
A
la surprise générale ma protubérance ventrale n’est pas due à mon
aérophagie !
Mais
que s’est-il donc passé, la machine intérieure s’est-elle mise en branle d’un
coup, précipitée par l’âge ?
Est-ce
la peur de vieillir sans avoir laissé une trace de soi et éventuellement un
enfant pour payer la maison de retraite qui fait que finalement sans conviction
je me lance dans l’aventure ?
Rien
de tout cela …
Faire
un enfant est une décision importante dans une vie et qui ne se prend pas à la
légère, qui doit mûrir et faire son chemin.
Vous
me direz qu’à 42 ans il serait temps que ça mûrisse sinon le fruit sera gâté et
pourri !
Mais
pourquoi faisons-nous un enfant ?
Pour
soi ? Pour lui ?
Je
dirais pour nous, un nous englobant moi, lui et le bébé.
L’envie
de faire un bébé est née d’une union et d’une envie de prolonger cet amour en
partageant quelque chose d’unique, un bout de nous devenant une propre entité.
Magie
de la vie que d’être transmise ainsi.
Désir
d’apporter à un être nos expériences, à transmettre la somme de ce qu’on a
appris, non pas seulement les connaissances mais aussi notre philosophie, notre
long cheminement qui jour après jour nous construit.
Alors
point d’horloge qui battrait juste dans le cœur d’une femme lui ordonnant de
procréer, mais un désir qui se décide à deux quand la force de l’amour est suffisante
pour qu’une tierce personne vienne s’immiscer entre nous pour qu’on forme une
famille.
L’attente
fut longue pour trouver la personne avec qui j’avais envie de bâtir ça, cela
aura pris 5 ans de tentative avec une fausse couche il y a trois ans.
J’aurais
pu désespérer, j’aurais pu avoir recours à des techniques d’aides à la
procréation mais non même si je n’y croyais plus et que j’essayais de me
persuader que ce n’était pas grave, qu’on avait tenté et que tant pis si ça ne
se faisait pas, que c’était comme ça, on s’était rencontrés trop tard et nos
corps ne pouvaient pas nous donner cet enfant.
Alors
oui j’aurai 42 ans quand Princesse Alien pointera le bout de son nez dans le
monde réel, et même si je suis bien consciente que c’est plus difficile de tomber
enceinte à cet âge, finalement on y est arrivés et je suis heureuse de mettre
au monde un bébé à cet âge là, à ce moment de ma vie où on est plus serein, où
on appréhende moins, où on saura plus facilement faire face.
Avant
ce n’était pas possible, pas avant cette rencontre, pas avant que je ne sois
prête à donner et tant mieux si pour certaines ce moment arrive plus tôt mais
pour moi il aurait été impossible de donner la vie il y a 20 ans ou même 10
ans.
Puis
en définitive 42 c’est un beau nombre pour donner la vie !
Et
c’est sans doute parce que j’aime les enfants que je n’ai pas voulu en faire un
n’importe comment et n’importe quand.
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