02 décembre 2010

Je n’aime pas les enfants (3)

Tic tac, tic tac, fait l’horloge.

La biologique comme la mécanique rythme nos vies et nos heures.

Les filles parlent souvent de l’horloge biologique qu’elles auraient en elles et qui se déclencherait du jour au lendemain signalant le début du désir d’enfant.

Il n’y aurait pas d’âge pour qu’elle se déclenche et parfois même elle serait en panne ou grippée et ne sonnerait pas le début de l’aventure de la maternité.

Encore une belle invention humaine pour se justifier de vouloir ou ne pas vouloir se lancer dans la parentalité.

Autour de moi, tout le monde pensait que je n’aurais pas d’enfant - moi-même d’ailleurs à force qu’on le pense pour moi - car je n’avais aucun des signes extérieurs qu’ont celles dont l’horloge s’est éveillée.

Pas assez femme, éternelle apparence d’immaturité malgré les rides qui pointent. Avoir 20 ans dans sa tête ça n’aide pas à devenir adulte.

Pas assez fille, ignorant ce que sont les soirées copines, les magazines idiots bourrés de pub, préférant la compagnie des garçons.

Pas assez disponible, menant 10 passions en même temps, naviguant dans des univers autant distincts qu’inattendus, une vie remplie a-t-elle besoin de s’encombrer d’un enfant ?

Pas assez stable, déménageant, changeant de vie et d’homme pour ne se stabiliser que depuis quelques années.

Bref, mon horloge biologique n’a jamais fait tic tac et pour le monde je demeurais infertile par choix, ne montrant aucun intérêt pour les enfants, pour les discussions layette et éducation dont sont friandes les filles qui ont des désirs d’enfants.

C’était acquis je serais la seule dans la famille à ne pas me reproduire, laissant s’éteindre une branche de l’arbre familial étant fille unique.

Et pourtant…

A la surprise générale ma protubérance ventrale n’est pas due à mon aérophagie !

 

Mais que s’est-il donc passé, la machine intérieure s’est-elle mise en branle d’un coup, précipitée par l’âge ?

Est-ce la peur de vieillir sans avoir laissé une trace de soi et éventuellement un enfant pour payer la maison de retraite qui fait que finalement sans conviction je me lance dans l’aventure ?

Rien de tout cela …

Faire un enfant est une décision importante dans une vie et qui ne se prend pas à la légère, qui doit mûrir et faire son chemin.

Vous me direz qu’à 42 ans il serait temps que ça mûrisse sinon le fruit sera gâté et pourri !

Mais pourquoi faisons-nous un enfant ?

Pour soi ? Pour lui ?

Je dirais pour nous, un nous englobant moi, lui et le bébé.

L’envie de faire un bébé est née d’une union et d’une envie de prolonger cet amour en partageant quelque chose d’unique, un bout de nous devenant une propre entité.

Magie de la vie que d’être transmise ainsi.

Désir d’apporter à un être nos expériences, à transmettre la somme de ce qu’on a appris, non pas seulement les connaissances mais aussi notre philosophie, notre long cheminement qui jour après jour nous construit.

Alors point d’horloge qui battrait juste dans le cœur d’une femme lui ordonnant de procréer, mais un désir qui se décide à deux quand la force de l’amour est suffisante pour qu’une tierce personne vienne s’immiscer entre nous pour qu’on forme une famille.

L’attente fut longue pour trouver la personne avec qui j’avais envie de bâtir ça, cela aura pris 5 ans de tentative avec une fausse couche il y a trois ans.

J’aurais pu désespérer, j’aurais pu avoir recours à des techniques d’aides à la procréation mais non même si je n’y croyais plus et que j’essayais de me persuader que ce n’était pas grave, qu’on avait tenté et que tant pis si ça ne se faisait pas, que c’était comme ça, on s’était rencontrés trop tard et nos corps ne pouvaient pas nous donner cet enfant.

Alors oui j’aurai 42 ans quand Princesse Alien pointera le bout de son nez dans le monde réel, et même si je suis bien consciente que c’est plus difficile de tomber enceinte à cet âge, finalement on y est arrivés et je suis heureuse de mettre au monde un bébé à cet âge là, à ce moment de ma vie où on est plus serein, où on appréhende moins, où on saura plus facilement faire face.

Avant ce n’était pas possible, pas avant cette rencontre, pas avant que je ne sois prête à donner et tant mieux si pour certaines ce moment arrive plus tôt mais pour moi il aurait été impossible de donner la vie il y a 20 ans ou même 10 ans.

Puis en définitive 42 c’est un beau nombre pour donner la vie !

Et c’est sans doute parce que j’aime les enfants que je n’ai pas voulu en faire un n’importe comment et n’importe quand.

 

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Vous pouvez voter une fois par jour !


macaron

Posté par sayyadina à 09:02 - - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur Je n’aime pas les enfants (3)

    Magnifique conclusion

    Posté par Mary, 02 décembre 2010 à 09:31 | | Répondre
  • Merci

    Posté par Sayyadina, 03 décembre 2010 à 16:48 | | Répondre
  • Pfff, que tu le fasses à 42 ou 84 ou 126 ans, ce sera un mioche heureux, c'est ça qui compte, le reste, j'pense que ça importe pas.

    Posté par Coren, 03 décembre 2010 à 19:06 | | Répondre
  • Tout comme Coren. Un gosse déjà chanceux, ça.

    Posté par Francis, 03 décembre 2010 à 21:46 | | Répondre
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